Revue de presse : RAISESHERPAS dans InstitInvest

Paris, le 03-12 2020 Télécharger

Fonds de dotation RAISESHERPAS : la philanthropie au service des entrepreneurs

Le 01/12/20 par Laurence Pochard

Accélérateur non-lucratif d’un groupe de capital-investissement, le fonds en tire financement et bonnes pratiques. Et y place ses actifs.

Rien de tel qu’un sherpa pour guider les jeunes entreprises à travers les dangereuses crevasses du début de leur ascension. Au départ de la cordée, il y a deux entrepreneurs investisseurs, Clara Gaymard et Gonzague de Blignières. L’une a dirigé GE France et l’autre est un investisseur aguerri en capital-investissement, et ils ont à titre personnel un intérêt pour la philanthropie. En 2013, ils ont donc lancé Raise, un groupe d’investissement dans le non-coté avec une caractéristique originale : les investisseurs reversent la moitié de leur intéressement à un fonds de dotation, RaiseSherpas, dont l’objet est de financer de jeunes entreprises en prêt à un moment crucial de leur développement, entre l’amorçage et la série B de levée de fonds. Tout en leur offrant un réseau d’accompagnement haute-couture et de mise en relation avec de grands groupes, avec déjà 350 jeunes entreprises qui ont bénéficié de conseils et de mentorat.

« Si nous avions dû attendre les premières sorties des fonds pour alimenter RaiseSherpas, nous n’aurions pas pu démarrer en 2015, expliquent Anne-Sophie Gervais et Noé Gersanois, codirecteurs du fonds de dotation. Donc, lors de la levée de notre premier fonds de capital investissement, Raise Investissement a proposé aux actionnaires, pour la plupart des grands groupes, deux types d’actions : l’une classique, l’autre permettant d’orienter 10% de l’investissement vers le fonds de dotation sous forme de dons. Nous avons ainsi pu démarrer tout de suite avec plusieurs millions de dotations, entièrement dédiés à l’accompagnement philanthropique des entrepreneurs. » Le budget atteint aujourd’hui 27 millions d’euros.

Raise compte quatre lignes de métier : le capital-développement d’entreprises matures avec 410 millions d’euros sous gestion, le capital-risque qui vise une collecte de 100 millions, l’immobilier avec un OPPCI doté d’une capacité d’investissement de 500 millions et un fonds d’impact. Ce dernier pôle a été lancé grâce à un mandat de la Fondation de France et dispose aujourd’hui de 135 millions d’euros. Lorsque les participations des fonds sont cédées, la moitié de la surperformance revenant aux investisseurs -le « carried interest » dans le jargon du capital investissement- se déverse dans le fonds de dotation.

 

Spirale vertueuse

« En tant que fonds de dotation, nous avons également une vraie stratégie patrimoniale d’allocation de nos actifs, poursuivent les directeurs. Nous sommes nous-mêmes actionnaires des différentes entités d’investissement de Raise, ce qui nous ouvre le droit à des dividendes. » Ce qui se révèle intéressant en tenant compte des rendements possibles en private equity et immobilier. Le fonds de dotation est animé par une équipe de six personnes autour des deux directeurs. Il est régi par un conseil d’administration de 15 dirigeants de grands groupes (Axa, L’Oréal, Vinci, Engie, Publicis, FDJ, Orange…) et s’est entouré d’un comité d’orientation composé d’une quinzaine de personnalités du monde des affaires.

RaiseSherpas sélectionne donc de jeunes entreprises pour les financer de façon non-dilutive. Le fonds a accompagné avec des prêts d’honneur de 100.000 euros à taux zéro, sans conditions, plus de 75 entreprises depuis 2014 parmi lesquelles des succès comme Mano Mano, Selency ou Meero.
Il a également lancé un fonds de 10 millions d’euros de « venture loan » en partenariat avec le Crédit Agricole Ile de France, qui distribue ce quasi-capital à un taux de 5%. L’opération est neutre pour le fonds de dotation.

De plus, RaiseSherpas, toujours dans une logique de « boucher des trous dans la raquette », accompagne des grands groupes dans leur mission de revitalisation des territoires en cas de plan de restructuration. Ce dispositif, obligatoire pour les entreprises de plus de 1.000 salariés, vise à soutenir l’activité économique des bassins touchés par des suppressions d’emplois. Le fonds de dotation canalise ces ressources sous forme de prêts à de jeunes entreprises des territoires concernés, sans prélever de frais de gestion. La première convention d’un million d’euros a permis le financement de 11 start-up qui ont créé 103 emplois, et la deuxième vient d’être signée. Les remboursements viendront s’ajouter à terme à ses actifs sous gestion

Le fonds de dotation fait ainsi partie d’un écosystème qui entend relier les jeunes entreprises aux plus grandes, et la philanthropie au private equity pour avancer ensemble vers les sommets.

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